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14

Programme de restructuration de Royal Air Maroc : La compagnie lance les actions de recentrage sur son métier de base

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Programme de restructuration de Royal Air Maroc : La compagnie lance les actions de recentrage sur son métier de base
Dans le cadre du contrat-programme signé entre l’Etat et Royal Air Maroc le 21 septembre 2011, la compagnie a lancé un plan de restructuration qui vise à lui permettre de s’adapter le plus rapidement possible à son environnement et rétablir ses fondamentaux économiques. Cette restructuration devra permettre à RAM d’engager, à partir de 2014, un plan de développement destiné à assurer sa pérennité et son développement dans la perspective d’une croissance continue.
Ce plan de restructuration prévoit un programme de réduction massive des charges de la compagnie à travers une série d’actions axées sur l’optimisation des coûts de la consommation carburant et des coûts de commercialisation et de distribution.
Cette baisse des charges a nécessité également un plan impératif de réduction d’un tiers des effectifs de la compagnie. Royal Air Maroc, entreprise d’Etat, a veillé  à ce que la conception et la mise en œuvre de ce plan s’inscrivent dans une démarche socialement responsable et exemplaire, avec l’accompagnement des partenaires sociaux.
Le programme de réduction des coûts de Royal Air Maroc s’appuie également sur le déploiement de deux leviers structurels essentiels pour réussir l’objectif de réduction des coûts:
1. l’externalisation d’activités hors cœur de métier de la compagnie : il s‘agit pour RAM de se concentrer sur son core business et d’externaliser ou filialiser certaines fonctions non cœur de métier. Parmi les activités concernées, la formation assurée aujourd’hui  par RAM Academy. L’externalisation de cette entité répond à un double souci: d’une part, lui permettre d’avoir une activité régulière au lieu d’une activité alignée sur les besoins exclusifs et ponctuels de la RAM et d’autre part, alléger les charges de la compagnie qui supporte aujourd’hui le coût de formation de ses personnels; l’externalisation d’autres activité comme le  handling (assistance au sol) ou le  catering est à l’étude.
2. la cession d’actifs non stratégiques : dans ce cadre, la compagnie a cédé ses parts dans Matis, société spécialisée dans les câblages électriques destinés à l’industrie aéronautique et où  RAM détenait 33,33% du capital avec  les sociétés Boeing et Labinal. Royal Air Maroc est fière d’avoir été à l’origine de l’implantation avec succès, au Maroc, d’une entreprise exemplaire qui a contribué au développement du pôle aéronautique au Maroc dans le cadre de la stratégie nationale du développement industriel. RAM a également cédé 66,51% de ses actions dans Atlas Hospitality Morocco. Les parts de la compagnie dans AHM ont été cédées au premier fonds d’investissement marocain dans le tourisme Hpartners, accompagné de ses actionnaires. Ce fonds leader a été créé par de nombreux actionnaires institutionnels en 2007, composés de la Banque populaire, Attijariwafa Bank, le fonds koweitien AJIAL, CMR et CIMR pour accompagner le développement du secteur du tourisme. Ce rapprochement stratégique entre HPartners et AHM sera créateur de synergies pour les deux entités principalement à travers la gestion par AHM d’actifs hôteliers existants ou à développer par le fonds. Cela permettre d’une part à HPartners de bénéficier de l’expertise de gestion hôtelière de AHM, et d’autre part, à AHM de développer son parc d’hôtels sous gestion, avec pour objectif de le porter à 42 hôtels à l’horizon 2017-2018. L’opération a été réalisée avec le concours de la banque d’affaires CFG, qui est intervenue en tant que conseil de RAM pour la recherche du meilleur partenaire stratégique pour AHM. 
D’autres projets de cession, répondant aux mêmes ambitions, sont à l’étude par RAM,  conformément aux engagements souscrits par la compagnie dans le cadre du contrat-programme et concernent  une partie du patrimoine immobilier de la compagnie.
A travers cette politique de désengagement et de recentrage sur son métier de base,  Royal Air Maroc cherche une plus grande efficience économique en vue de réussir son programme de restructuration et de relever ses nouveaux défis de compétitivité et de croissance.
Royal Air Maroc joue un rôle dynamique d’accompagnement des chantiers majeurs lancés par le gouvernement tels que le Plan «Emergence» ou  le projet «Casablanca hub financier». RAM, à travers le développement de son hub à Casablanca et la densification de son réseau, accompagne le développement de Casablanca en tant que destination shopping où de grands projets sont lancés tels que le Morocco Mall.
La compagnie nationale est aujourd’hui engagée dans un vaste programme d’adaptation à son nouvel environnement avec comme objectif de restaurer au plus vite sa compétitivité. Elle a une politique commerciale recentrée autour de la satisfaction du client. L’étape suivante pour la compagnie est de s’engager dans un  programme ambitieux d’investissement évalué à 9,3 milliards de DH pour les 5 années à venir pour assurer son développement et garantir sa pérennité.

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jan
14

Journée nationale de l’architecte : Un métier face aux mutations

Posted by Par le Professeur Mohamed Chaoui Comments (0)
Journée nationale de l’architecte : Un métier face aux mutations
A l’occasion  de la commémoration du 26ème anniversaire du Discours historique que Feu S.M. le Roi Hassan II a prononcé le 14 janvier 1986 devant le corps des architectes, l’Ordre national des architectes en collaboration avec le Conseil  régional du Gharb–Chrarda–Beni Hsen–Kénitra, organise à Kénitra  le 14 janvier 2012 plusieurs activités.
Le thème retenu pour cette nouvelle édition de  la Journée nationale de l’architecte a pour intitulé: «L’architecte et les mutations sociales et institutionnelles au Maroc»
La journée sera ponctuée d’une cérémonie d’ouverture officielle, d’une conférence de cadrage, de témoignages et de débats ainsi que d’une  visite des réalisations remarquables et patrimoniales significatives de la ville de Kénitra.
La journée offre aux architectes une occasion exceptionnelle pour débattre de l’avenir de leur profession et des défis qu’elle est censée relever face à un monde aux  mutations contemporaines. Le thème de la conférence et les témoignages qui la marqueront  mettront en exergue les correspondances possibles entre  les réformes profondes entreprises par le Royaume durant la dernière décennie  sur les plans constitutionnel, économique et culturel, et  les  mutations socioprofessionnelles que connaît la profession des  architectes.
Aussi face à ce  nouveau contexte, la profession de l’architecte  est confrontée à la question de réconcilier l’architecture  avec son milieu culturel, social,  politique et institutionnel par la mise en œuvre de stratégies de transformation et de renouveau. Tout cela oblige la profession  aujourd’hui à être en phase, non seulement, avec le changement, mais y participer activement, ce qui  ouvre la voie à de nouvelles perspectives  professionnelles, des innovations inédites   et des réajustements qui interpellent tous les acteurs impliqués dans l’acte de bâtir : maîtrise d’ouvrage, promoteurs, collectivités territoriales et locales, politiques, usagers, concepteurs, etc.Un regard croisé sur ces mutations socioprofessionnelles  et institutionnelles,  entre universitaires, professionnels  et hommes d’art,  devra permettre  d’ouvrir des pistes de réflexion sur,  non seulement,  les  adaptations possibles  de la profession,  par rapport aux mutations que connaît notre pays, mais aussi pour que la profession puisse  exprimer sa diversité en vue d’une meilleure insertion face à la  nouvelle demande sociale qui oblige les architectes à élargir le champ  de leur discipline dans le cadre des problématiques  liées aux différents enjeux  de  la ville contemporaine, à la qualité de l’habitat  et du cadre de vie  des habitants,  à  la diversité de notre patrimoine,  à la qualité de l’environnement,  et aux spécificités  des  territoires et des paysages, etc.
Pour se situer dans cet environnement, il est important de rappeler à nos confrères architectes que l’originalité de notre condition moderne  réside, au regard de l’histoire millénaire,  dans l’émergence, dès l’aube du vingtième siècle, du rôle social de l’architecte. La défense de ce rôle fonde encore l’essentiel  des revendications des architectes contemporains, en termes du champ d’exercices et du refus d’assimilation de la profession aux valeurs du marché. Vivons-nous la fin d’une revendication qui était celle des pionniers de l’architecture moderne et qui continue d’être la nôtre : l’architecture pour tous, expression généreuse d’une idée démocratique de l’architecture ou devons-nous restreindre  l’architecture à la sauvegarde de que quelques territoires d’intervention investis par quelques élus, au travers d’une conception monumentale et artistique de l’œuvre architecturale ?
Aussi, pensons-nous que pour assumer ce rôle et convaincre qu’ils détiennent un savoir de haut niveau socialement utile et pour assurer plus de visibilité sur la scène publique, les architectes ont intérêt, plus que jamais, à se libérer de leur isolement et de leur identité traditionnelle d’artiste. Car l’utilité sociale de l’architecte n’est plus facile à identifier, que par sa compétence et sa capacité de dialoguer et communiquer, aux fins d’une meilleure lisibilité de sa contribution au bien commun.  
De plus, il est à rappeler que l’architecture a depuis longtemps quitté le domaine monumental, et si elle demeure encore largement autoréférentielle, elle est de plus en plus contrainte par des effets contextuels (urbains, paysagers, territoriaux) et vitalisée par un système complexe de dépendances (services, réseaux, alimentations, transports.). Toutes ces servitudes ont considérablement modifié l’idée même d’architecture : derrière ce mot, ce n’est plus le faste ou la figure de l’édifice que l’on considère, mais la dimension complexe d’une fonction socioculturelle et instrumentale. Habiter est une activité pour ainsi dire, et concevoir un édifice, que ce soit pour y demeurer, travailler ou séjourner, est un travail de grande responsabilité, qui actionne toute une frange de la production et de la reproduction sociale. A ce titre, l’enseignement de l’architecture exprime les valeurs singulières d’une telle destinée.
Mais avant de rentrer dans le détail de nos propos sur ces mutations contemporaines ; propos nourris d’ailleurs  par plus d’une vingtaine  d’années d’expérience dans l’enseignement de l’architecture, et une observation attentive de notre milieu socio-professionnel,  faisons un détour par l’actualité, afin de formuler quelques hypothèses pouvant jalonner le fond de ma réflexion sur la question de la modestie.
Pour ce faire, et afin de saisir les processus en jeu, dans toute leur complexité actuelle, il m’est apparu important d’analyser et de décrire les mutations qui affectent la profession et ses pratiques, aux moyens d’un certain nombre de constats, qui me paraissent aujourd’hui importants et qui caractérisent, à mes yeux, les grands contours de l’environnement social et culturel contemporain de l’architecture.
Premier constat : le champ d’intervention des architectes, partout dans le monde,  s’est élargi et diversifié, alors même que le nombre de ses partenaires augmente pour chacune de ses prestations. De plus en plus, l’architecte est sollicité pour sa capacité à anticiper formellement la qualité spatiale et matérielle d’un aménagement quelle que soit son échelle, domestique, urbaine, territoriale, paysagère. L’architecte n’est pas expert en monuments, mais en projets. Dans ce cadre, la reconquête de nouveaux champs d’intervention et la prise de conscience des problématiques liées au territoire urbain, au patrimoine, aux équipements socioculturels et au logement social, vont amener tous les acteurs à plus de dialogue et de modestie. Je crois que l’on va travailler, dans les années qui viennent, à l’occasion de la reconquête  de nouveaux territoires urbains et la reconstruction du tissu urbain, on s’apercevra, comme on le fait déjà, de la complexité du processus, et de la multiplicité des acteurs. C’est l’emploi, l’éducation, c’est l’évolution technologique, c’est le traitement de façon intelligente des problèmes sociaux,  c’est l’invention ou non d’infrastructures qui sont les éléments déterminants. Cela relativise, sans doute, la place et le rôle classique  des architectes. Le dialogue sur la ville va devenir plus réaliste et complexe, il y aura plus d’intervenants, et je crois que c’est bien ainsi.
Tout le monde sait aujourd’hui, et les architectes les premiers, que l’architecture ne peut plus  transformer la société, ni sauver le monde. Alors, ce positionnement un peu messianique était, sans doute, lié à une conception un peu artistique du rôle de l‘architecte, sans doute présente chez nous à cause de l’influence de l’enseignement français sur nos architectes. On peut d’ailleurs voir qu’ailleurs, en particulier dans le monde anglo-saxon, l’architecte est moins seul et plus intégré dans la chaîne de tous les intervenants de l’acte de construire. De plus, la tendance actuelle à la division du travail dans le cadre bâti  repositionne déjà le rôle et la fonction de l’architecte. Il n’est plus, comme le soutien, à juste titre, le sociologue du travail Guy Tapie, à la fois concepteur et maître d’œuvre, il devient, - la maîtrise d’œuvre n’épuisant pas totalement le champ des activités ouvert à l’architecture -, essentiellement concepteur partageant, en complément et en concurrence, avec de multiples professionnels la maîtrise d’œuvre du projet. Si le métier  historique se recentre sur une de ses composantes, il intègre  les effets d’une nouvelle génération d’outils de production, liés au développement de l’ordinateur et de l’informatique: les logiciels de dessin ou d’aides à la conception, les réseaux techniques pour les échanges de données informatisés et numérisés. Conversion culturelle moins anodine qu’il n’y paraît, car elle oblige à se séparer progressivement des instruments techniques attachés à une forme antérieure d’activité professionnelle. La spécialisation des agences dans des projets ou prestation imposée par la segmentation accrue des marchés, fait aussi partie de ce renouvellement des pratiques. Avec pour conséquence une hausse de leurs compétences dans ces domaines mais aussi une difficulté à se présenter comme concepteurs universels. Les formes d’organisation des agences subissent les effets de ces changements. La fonction de conception y est privilégiée; les agences s’inscrivent dans des réseaux pour mener à bien leurs tâches et rationalisent leur organisation. Ces transformations internes de la conception et de la maîtrise d’œuvre s’accompagnent d’une ouverture vers de nouveaux métiers hors de la conception, tels que la programmation, le conseil, l’assistance, l’administration, l’enseignement et la recherche, les études, la promotion, l’entreprise, etc.
Deuxième constat: les architectes ne sont plus les seuls interlocuteurs de la ville, c’est clair, mais ils gardent néanmoins un rôle irremplaçable. A deux titres : le premier est qu’ils sont les seuls à pouvoir traduire un programme en espace. Cela me paraît fondamental. Leur sensibilité et leur culture leur permettent de voir des choses que d’autres ne voient pas. Deuxième chose, ils ont une vision de la durée. Alors, qu’ils avaient l’habitude de donner des images finales bien figées d’un projet ou d’une ville, (e.g., la ville radieuse, la charte d’Athènes, etc.), je crois que désormais, en composant avec un avenir incertain, ils sont  appelés à penser en trames urbaines ou en projets urbains, plutôt qu’en projets figés et arrêtés dans des documents de planification, qui parfois ne servent strictement à rien sinon à planifier la spéculation. On leur demande des images claires et fortes, mais aussi évolutives. Ce sens particulier de l’espace et de la durée leur donne des devoirs et des responsabilités : d’abord, agir en concertation avec les autres acteurs pour montrer les conséquences de leurs choix; deuxième chose, c’est former les autres acteurs à l’architecture. Dans les entretiens  que j’ai pu avoir avec divers acteurs de la commande publique et privée, une chose m’a particulièrement intéressé, c’est que les maîtres d’ouvrage sont en général très contents de leurs relations avec leurs architectes, et que les architectes par contre sont frappés par la gigantesque inculture de leur maître d’ouvrage. Autre point à souligner : l’élargissement, la diversification du rôle des architectes peuvent conduire demain à un positionnement de la profession un peu différent. La nécessité du dialogue, de la concertation dont on a parlé, exige qu’il y ait des architectes partout où se fait et se décide la ville. Demain, peut-être, y en aura-t-il plus dans les collectivités locales, chez les maîtres d’ouvrage, chez les investisseurs que dans les agences d’architecture elles-mêmes. Cette évolution s’est déjà produite  dans la plupart des pays européens  tels que l’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, etc. et même à certains égards  dans quelques pays maghrébins comme la Tunisie. Je crois que cela doit nous faire réfléchir, spécialement sur le système national de formation de nos architectes qui se trouve, aujourd’hui, dans l’impasse face à l’incompétence de ceux qui président à sa gestion. Nous pensons à cet égard qu’il est grand temps que le nouveau ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville accorde de  l’intérêt à l’école en question et lui donne la place qu’elle mérite afin de la faire sortir de la crise endémique qu’elle connaît.
Troisième constat : le rôle des  usagers et des  maîtres d’ouvrage qui doit être affirmé. Le dialogue entre maître d’ouvrage et architecte est souvent aussi important que la création elle-même. L’objectif n’est pas seulement la qualité du bâtiment. L’objectif, c’est la qualité partout, c’est répondre le mieux possible aux besoins du client, et y répondre de la façon la plus pertinente possible. C’est dans ce contexte qu’il faut situer les revendications citoyennes pour une architecture et un cadre de vie de qualité. C’est aussi dans ce contexte que la commande publique réclame plus de sens et de la  qualité, ce qui constitue d’ailleurs sa propre vocation (cf., notre article sur la qualité architecturale in bulletin de l’ENA, n°3). En outre,  dans la société marocaine, il existe une véritable culture d’habiter qui ouvre de grands horizons à l’architecture, ce qui nous fait croire qu’il y a chez nous une attente véritable d’architecture, mais les architectes n’y apportent malheureusement pas toujours la bonne réponse. C’est pourquoi, je pense qu’il est temps qu’ils renoncent à leur idéologie traditionnelle de démiurge et d’artiste. Tant qu’ils continuent à penser que l’architecture est un art dans le sens brut et classique  du terme – i.e., une activité désintéressée, comme l’entendait E. Kant – et qu’ils sont des artistes, ils ne pourront pas redonner à l’architecture sa véritable dimension socio-culturelle et la place qu’elle mérite dans la société contemporaine.
L’architecture est l’architecture, et c’est bien difficile comme cela. Pour voir et se mettre à l’écoute des autres, des usagers, l’architecte doit adopter d’autres postures mentales que celles qui lui sont offertes  par les médias et la culture du star-system.
La question fondamentale touche évidemment à l’architecture mais aussi aux rapports étroits qu’entretient celle-ci, depuis toujours, avec la ville, la culture des territoires et l’histoire. Le besoin accru que ressentent les architectes, aujourd’hui, à inscrire leur discipline, comme je l’ai évoqué plus haut, dans le cadre des problèmes liés à la ville et au territoire, au paysage, au logement social et au patrimoine, est bien l’indice d’une transformation de la substance même de leur domaine d’investigation.
En guise de conclusion :
Ainsi, au chevet d’une société en mutations profondes, confrontée aux défis de la mondialisation, et face aux transformations qui affectent son métier avec un système national d’enseignement d’architecture qui n’anticipe malheureusement pas, sur son devenir, l’architecte cherche à trouver  une cohérence à son identité. Crise économique et éclatement du métier  dans divers sous-métiers à l’origine de la segmentation du marché de la commande ou de sa concentration dans les nouveaux bureaux d’études, se rejoignent alors pour expliquer les difficultés à faire valoir son expertise. Ces constats sur l’état de la profession sont recevables et les moments de difficultés  sont souvent des périodes d’interrogation. C’est en cela que notre réflexion de la journée du 14 janvier  prend tout son sens et je vois là bien une doléance réelle d’aujourd’hui.     
Ces forces en présence exprimées sous forme de constats, engendrent une nouvelle dynamique et de nouveaux objectifs pour  la profession qui ne peuvent être contenues dans les limites des territoires disciplinaires classiques, quant à leur ancrage social, politique et institutionnel. Ils nécessitent l’appel à d’autres méthodes de travail, d’autres modes d’organisation et une culture managériale des projets, à de nouveaux outils de représentations et de communication avec le public et la maîtrise d’ouvrage, etc.        Toutes ces transformations plaident aujourd’hui pour une réforme de fond, une réforme globale à cristalliser autour d’un projet professionnel  cohérent qui doit prendre en compte ces mutations et les nouvelles missions à promouvoir au sein de notre société en mouvement. C’est en œuvrant dans ce sens que l’on pourra, à notre avis, faire de la profession de l’architecte, une institution vivante tournée vers l’avenir et en phase avec les mutations en cours  et les grands chantiers de modernisation de notre pays.                                                                     

* Architecte, membre du CNOA





Une fête sous le signe du boycott

L’Ordre national des architectes du Maroc fête ce samedi sa «Journée nationale». Mais contrairement aux précédentes éditions, l’ambiance ne devait être au rendez-vous. Et pour cause. Pour la première fois depuis 25 ans, ce rendez-vous annuel devait être boycotté par une partie des conseils régionaux, en l’occurrence ceux de Marrakech, Agadir, Tanger, Tétouan et Casablanca, qui refusent de participer à une manifestation organisée par une équipe qu’ils ne reconnaissent pas.
«Les élections qui se sont déroulées ont été entachées d’irrégularités. La commission de recours mise en place pour trancher les a reconnues. Par conséquent, nous ne pouvons reconnaître ni cette équipe ni les manifestations qu’elle organise», a confié à Libé Benjelloun Azelarab, président du Conseil régional du Centre, regrettant l’attitude de cette équipe qui ternit l’image des architectes auprès des autorités et des citoyens. «Tout rentrera dans l’ordre dès qu’une nouvelle équipe régulièrement élue sera mise en place».
Décidés à boycotter toutes les actions menées au lendemain desdites élections, les architectes critiquent également la centralisation des décisions et déplorent le non-respect des directives Royales concernant notamment sa politique de régionalisation.

Alain Bouithy

Les prémices de crise d’une profession réglementée

Les architectes occupent une place à part dans les professions de la maîtrise d’œuvre, de par leur statut de profession réglementée, de par le caractère généraliste et transversal de leur vocation en raison d’un rôle éminent de création.
Ces caractéristiques ont incité la profession à dormir sur ses lauriers jusqu’au jour où elle s’est vue contrainte de s’associer à des cabinets étrangers pour mener à terme certains grands projets qui lui sont soumis.
Le monopole que la loi confie aux architectes pour les projets soumis à permis de construire, s’est finalement avéré être une garantie assez illusoire compte tenu de l’importance des dérogations apportées à ce principe ainsi que de la fréquence du non-respect des textes ou de leur détournement. Ceci d’autant plus que  la complexification de la construction, qui a favorisé l’apparition de nouvelles professions de la maîtrise d’œuvre, a contribué à recentrer les interventions des architectes sur les seules missions de conception, voire, dans certains cas, à les cantonner dans l’élaboration des documents et, parfois, le suivi  des projets qui leur sont soumis.
Malgré des efforts appréciables d’adaptation, la situation économique des architectes reste aujourd’hui, dans l’ensemble, très précaire. La réussite largement médiatisée de quelques grands cabinets d’architecture et de quelques vedettes bien armées pour remporter de grands concours ne doit pas masquer les difficultés que rencontre la grande majorité d’entre eux, et plus particulièrement les jeunes diplômés qui sont parfois tentés de se détourner d’une profession qui ne paraît pas pouvoir leur assurer d’avenir. Ces contraintes sont en partie responsables d’une certaine sous-capitalisation des maîtres d’œuvre nationaux qui, avec l’arrivée des grands cabinets internationaux, paraissent désarmés pour aller au front à armes égales.

L.M

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jan
14

Un autre dossier brûlant interpelle Benkirane : Les enseignants attendent encore les résultats des examens professionnels

Posted by KAMAL MOUNTASSIR Comments (0)
Devant le silence du ministère de l’Education nationale au sujet des résultats des examens professionnels, les enseignants, toutes catégories confondues, s’inquiètent de leur sort. Et la grogne monte doucement mais sûrement au sein des syndicats à l’échelle locale, régionale et nationale. Les résultats de ces examens qui ont eu lieu les 09 et le 10 septembre de l’année dernière, n’ont pu être rendus publics, ce qui a relancé la polémique et les rumeurs dans les milieux des enseignants. Ils estiment que c’est un retard qui n’a aucune raison d’être puisque les corrections ont été faites, que les feuilles  de notation ont été élaborées et  que les quotas pour chaque catégorie sont connus. Ils pensent également que l’argument présenté par certains responsables au sujet du changement de ministre est sans fondement. Ils avancent que chaque année, le ministère fait subir  aux enseignants le même calvaire et ce n’est pas la première fois que les résultats des examens professionnels se font désirer. Des sources syndicales ont confirmé qu’il a été convenu que les résultats seraient rendus publics en début de janvier au plus tard. Une source syndicale  du SNE affilié à la FDT a exprimé à « Libé » sa stupéfaction quant à  ce retard. « Nous avons tenté de joindre le directeur des ressources humaines par tous les moyens pour avoir une explication sur cette question en vain », a-t-elle ajouté.
Pour nombre d’enseignants, ce retard relance la polémique sur la crédibilité du ministère de l’Education nationale. Il dénote aussi un certain manque de transparence du côté de la direction des ressources humaines du ministère de tutelle. On se rappelle que le ministère avait justement prévu le déroulement de ces examens en début de l’année scolaire pour permettre aux enseignants de bien les préparer lors des vacances et donc ne  pas perturber la rentrée mais aussi pour annoncer  les résultats avant la fin de l’année. Et ce dans la perspective de combattre les déperditions scolaires et l’absentéisme.  C’est dire que ce retard va à l’encontre de la Charte de l’Education et de la Formation ainsi que de l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la situation de l’enseignant. Ce qui risque fort de pousser les enseignants à exprimer leur grogne à travers des grèves  dont on pourrait se passer si l’administration s’acquittait convenablement de son devoir en respectant les délais convenus pour l’annonce des résultats des examens professionnels.
Contacté par « Libé », le Centre des examens en charge de la correction et du classement des candidats  nous a confirmé que le problème réside dans le fait que plusieurs dossiers de candidats ne comportent pas de note professionnelle attribuée par l’inspecteur et le directeur. Notation qui compte dans la note finale à hauteur de 30%, sans laquelle le  classement sera impossible. « Nous avons réalisé toutes les opérations au niveau du concours écrit mais nous ne pouvons annoncer les résultats avant d’avoir la note du directeur de l’établissement et de l’inspecteur pour pouvoir classer les candidats», a déclaré à Libé le directeur dudit centre. Les enseignants rétorquent que ces notes-là doivent figurer dans le dossier avant même le déroulement de l’examen. Qu’en pense le ministre El Wafa qui vient de prendre les commandes du ministère de tutelle ?

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jan
11

Opportunisme politique ou tactique judicieuse ? Les électeurs de Tiznit ont du mal à digérer l’entourloupette d’Akhannouch

Posted by IDRISS OUCHAGOUR Comments (0)
Opportunisme politique ou tactique judicieuse ? Les électeurs de Tiznit ont du mal à digérer l’entourloupette d’Akhannouch
La démission d’Aziz Akhannouch de la Chambre des représentants en tant qu’élu de la circonscription de Tiznit n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Depuis son annonce, elle ne cesse de   faire des vagues parmi les habitants !
Dans les salons cossus des hommes d’affaires tiznitis, au sein des associations locales, dans les forums de la diaspora tafraoutie à l’étranger et sur les murs des réseaux sociaux, la désapprobation est à son comble !  Tous se disent estomaqués, voire indignés ! « On ne pouvait pas imaginer un instant que notre député nous fausse compagnie ainsi sans crier gare ! », martèle-t-on. Pour nos interlocuteurs, c’est un «lâchage politique !» ; «un coup de Jarnac contre la bienséance politique». «Akhannouch aurait dû se plier avec   fair-play aux résultats des élections et se contenter d’assumer ses responsabilités   sur les bancs de l’opposition ». Il a ainsi violé le contrat moral qui nous lie à lui depuis son élection en tant que représentant de la région sous la Coupole.
Que deviennent les promesses électorales faites aux habitants ?  Tous ceux qui ont voté pour lui ont espéré qu’il défendait les intérêts de la région. Voilà aujourd’hui, pourquoi ils se sentent trahis, déclarent-ils. Pour eux, cette défection ne peut s’expliquer autrement que par une course à la ministrabilité !  « Akhannouch n’a jamais hésité   à faire feu de tout bois pour y arriver », clament-ils haut et fort.
Il s’est déjà prêté au jeu de la coloration partisane   à la va-vite afin d’être catapulté ministre et le voilà qui se débarrasse de son « froc » partisan pour se mettre dans la peau du technocrate et rempiler, en reniant  ses engagements   de député de Tiznit. « C’est de la transhumance déguisée ! ». Du   coup, enchaîne un groupe de facebookers,   ceux qui croient que les anciennes pratiques qui font tort à l’exerce sain et correct de l’action politique sont bannies et a fortiori   dans l’actuel contexte de la nouvelle Constitution, en sont pour leurs  frais.  Le tout-permis et le sans-gêne ont encore la peau dure chez nos politiques, concluent, non sans dépit des observateurs d’un réseau associatif local.
Toutefois pour certains autres, la défection  d’Akhennouch dénote une stratégie mûrement réfléchie. Homme de pouvoir qui croit ne pouvoir donner la mesure de son talent que sur le terrain, il a, de tout temps, abhorré de rester dans l’ombre ou hors des lambris dorés des bureaux ministériels, explique un acteur associatif de Tiznit. Avant d’ajouter que sa place ne peut donc être qu’au sein du gouvernement.  Surtout si ce dernier ferme les yeux sur certains principes. Et puis, ajoute-t-on, sa démission du RNI est un choix qui procède de ses convictions personnelles.
Ceci d’autant que la loi est on ne peut plus claire à ce propos. Lorsqu’un parlementaire devient ministre, il est déchu de son titre de député, son second sur la liste électorale est ainsi automatiquement   élu à sa place.  Il n’en demeure pas moins vrai que  le départ d’Aziz Akhennouch du RNI est un coup dur pour ce dernier. Surtout lorsqu’on sait qu’il a pu assurer à son ancien parti la présidence de plusieurs institutions électives, comme la municipalité de Tafraout, le Conseil provincial de Tiznit et le Conseil de la région de Souss-Massa. Aujourd’hui, de l’aveu de tous, sans lui, le pari de reprendre la tête de ces instances ne sera pas chose aisée pour le RNI.

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jan
11

L’oubli de la direction de la communication à la conférence de presse de Benkirane : Qui a peur de la presse de l’opposition ?

Posted by Narjis Rerhaye Comments (0)
Les islamistes du PJD communiquent, aiment la presse, n’ont que des amis parmi les journalistes. L’antienne a fait long feu. Aux portes du pouvoir, ceux (et celle) du PJD vont-ils rompre avec les bonnes pratiques d’avant, celles adoptées au bon vieux temps de l’opposition ? La question est sur toutes les lèvres médiatiques tant il est vrai que les gens de pouvoir ont coutume de penser qu’un bon (ou bonne) journaliste est un journaliste tenu à distance et que les femmes et hommes de médias, c’est bien connu, sont des empêcheurs de tourner en rond…
Abdelilah Benkirane connaît bien la presse, lit régulièrement les journaux, appelle les journalistes par leur petit nom. Il lui arrive même, dit-on, de les contacter directement. C’était avant. Avant les législatives du 25 novembre, avant la désignation du 30 novembre, avant la nomination Royale  du 3 janvier. En chef de gouvernement qui a dûment prêté serment, continuera-t-il à le faire ?
Pas question ici de faire un procès en sorcellerie aux islamistes du PJD qui ont érigé la transparence et la communication en méthode de gouvernance. En la matière,  Abdelilah Benkirane multiplie d’ailleurs les premières. C’est bien lui qui a accordé sa toute première interview télévisée alors qu’il n’était encore que chef de gouvernement désigné, levant un coin du voile de ses tractations avec les partis politiques composant sa majorité. C’est encore lui qui a ouvert les portes de sa maison (voire de sa chambre) à un hebdo de la place et pris la pause entouré de sa petite famille. Du jamais vu dans l’histoire de nos premiers ministres, adeptes du bon vieux «vivons heureux, vivons cachés». Au Maroc, et très curieusement, tous nos chefs de gouvernement se montraient sans leurs épouses ni progéniture, un peu comme s’ils étaient seuls au monde, célibataires et sans enfants…
Maintenant que les choses sérieuses commencent avec l’exercice du pouvoir, le gouvernement Benkirane tiendra-t-il informée l’opinion publique, l’associera-t-il à ses prises de décision, bref donnera-t-il corps au principe désormais constitutionnel du droit à l’information ? La question se pose avec force d’autant que la presse de l’opposition, notamment «Libération»,  n’a pas été invitée à la toute première conférence de presse du chef de gouvernement donnée jeudi 5 janvier, au sortir de son tout premier Conseil de gouvernement. La direction de la communication du  ministère éponyme n’a pas cru bon, n’a pas cru utile, de «convier» le quotidien francophone édité par l’Union socialiste des forces populaires à cette première rencontre officielle de M. Benkirane avec les journalistes. Un «oubli» fâcheux en ces temps de nouvelle Constitution qui proclame et stipule le rôle primordial de l’opposition. Que vaut une démocratie sans contrepouvoir, sans voix dissonantes, sans une opposition jouant son rôle d’opposition ? «Libération» n’a pas eu le privilège d’assister à cette conférence de presse parce que porte-parole d’un parti de l’opposition ? Loin de nous une telle mauvaise pensée…
Une majorité n’est forte qu’avec son opposition, déclarent les islamistes du gouvernement. Pensent-ils aussi aux journaux de cette même opposition ? Probablement. Le nouveau ministre de la Communication, l’islamiste Mostafa El Khalfi, qui est aussi le porte-parole du gouvernement, serait bien inspiré d’expliquer à ses services –principalement la direction de la communication- qu’une application saine de la Constitution se fait sans ostracisme ni sectarisme.
Le PJD est bien placé pour le savoir. Il y a quelques semaines à peine, ce parti criait au loup dès que sa presse était «oubliée» ou que ces militants non «invités» à une émission de télévision. C’était hier, du temps de l’opposition et ce même PJD hurlait à l’exclusion. Le pouvoir ne va pas les changer, promettent les islamistes du gouvernement. Sauf que le pouvoir peut changer les principes pour peu que ces derniers  ne soient pas seulement des certitudes éphémères mais  des convictions solidement ancrées…

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déc
30

La Chambre des députés élit les membres de son bureau : Première vraie fausse polémique pour Ghellab

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La Chambre des députés élit les membres de son bureau : Première vraie fausse polémique pour Ghellab
Baptême de feu pour Karim Ghellab qui a présidé, mercredi 28 décembre, sa toute première séance sous la Coupole. Dans ses nouveaux  habits de président de la Chambre des députés, l’Istiqlalien s’est essayé à l’exercice de l’élection des membres du bureau de la chambre basse. Il s’est aussi et surtout essayé à l’exercice des points d’ordre, répliques et contre-répliques. L’ancien ministre de l’Equipement et des Transports, habitué des grands chantiers, n’a visiblement pas l’habitude des joutes oratoires au fond forcément politicien. La technocratie même encartée, dit-on, a l’esprit cartésien.
A 15h45, un quart d’heure  après l’horaire prévu, Ghellab fait son entrée et s’installe sur le perchoir. Les bancs des ministres sont désespérément vides. Ceux démissionnaires parce qu’élus députés, eux, ont trouvé place auprès de leurs pairs. Ce mercredi, et contrairement à la séance qui avait vu l’élection du candidat de la majorité à la présidence de la Chambre des représentants, le chef de gouvernement désigné s’est fait porter pâle.
En prélude à l’élection des membres du jour –l’ordre du jour de la séance- il  annonce la liste des 8 groupes parlementaires ainsi que les noms de leurs présidents.
Premier point d’ordre et la polémique fut. Depuis les travées de l’opposition, un député du Parti authenticité et modernité bondit pour protester contre la formation d’un groupe parlementaire constitué de trois partis politiques. «C’est une violation de la Constitution qui interdit le nomadisme», s’époumone-t-il. Cet élu de la Nation fait  référence au PPS et ses 18 députés et qui, pour constituer un groupe parlementaire (le minimum requis est de 20 parlementaires), a appelé en renfort deux députés, l’un du Front des forces démocratiques et l’autre du Parti de la liberté et de la justice.Réaction immédiate du  président du groupe parlementaire du parti visé, le PPS : « Il ne s’agit pas de nomadisme ici. Rien n’interdit à trois partis politiques de former un groupe commun tout en gardant leur propre étiquette partisane. Les trois secrétaires généraux des trois partis en question ont d’ailleurs une charte dans ce sens et ont écrit une lettre au président de la Chambre des représentants. De plus, rien n’empêche ceux qui trouvent à y redire de saisir le Conseil constitutionnel. Quant au nomadisme, on en connaît les champions ici », réplique Rachid Roukbane, tête de liste des jeunes du PPS.
De l’autre côté de l’hémicycle, une voix s’élève. L’un des quatre députés du Parti travailliste de Benatik profite de la brèche ouverte pour s’engouffrer dans la polémique et crier à la trahison : « Notre groupe n’a pas été cité ! » s’indigne-t-il. La non rationalisation du champ politique a encore de beaux jours devant elle…
Les islamistes au secours des anciens communistes
Dans la tourmente d’une vraie fausse polémique aux accents stériles, le  PPS n’est pas seul dans l’arène. Image (rare) d’une majorité solidaire, le président du groupe des députés islamistes, Abdelaziz Omari, vole au secours des anciens communistes. «Il faut différer un tel débat et attendre l’adoption d’un nouveau règlement intérieur».
Le président du groupe parlementaire du PAM ne l’entend pas du tout de cette oreille. Abdellatif Ouahbi, en bon avocat, a l’habitude des sorties fracassantes. Le député est dans l’opposition et il entend le faire savoir, bruyamment. «A chaque fois qu’il y a un problème et matière à débat, on nous rétorque qu’il faut aller devant le Conseil constitutionnel. Dans ce cas, fermons le Parlement et allons en demander la clé au Conseil constitutionnel», s’écrie-t-il. Puis il évoque le fléau du nomadisme. Mal lui en prit. Il est immédiatement hué par les députés istiqlaliens. Le président Ghellab est visiblement débordé. Il tente de remettre de l’ordre pour que sa première séance ne se transforme pas en un  remake du «Titanic».
Depuis les travées de l’opposition, l’Union socialiste des forces populaires tend une perche salutaire. «Ce problème a été tranché ce matin lors de la conférence des présidents. Et un consensus a été adopté sur la question. Nous étions tous d’accord que ce Parlement ne partait pas de zéro et que nous allions également nous appuyer sur ce qui se faisait avant », déclare  Abdelhadi Khairate en faisant allusion au nombre minimal de députés pour former un groupe parlementaire ainsi que le regroupement de partis pour en former un. Une perche tendue au PPS, l’allié de gauche, que Karim Ghellab s’empresse de saisir pour relancer SA séance. Il récapitule, argumente, rappelle que ce point  avait été tranché quelques heures plus tôt. « La liste des 8 groupes parlementaires va être publiée dans le Bulletin officiel et sur le site électronique de la Chambre des représentants », conclut-il. A 16h25, il peut enfin annoncer le début du vote des 13 membres du bureau de la Chambre basse qui figurent dans une liste bloquée et qui ont été choisis conformément au principe de la représentativité proportionnelle des partis qu’ils représentent. Sans surprise, il sera flanqué d’un premier et d’un deuxième vice-président de la majorité,  issus du PJD et de l’Istiqlal. L’Usfpéiste Abdelali Doumou est 5ème vice-président et, enfin,  trois femmes font leur entrée au bureau.

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sept
21

Accord Maroc-Union européenne : Le ras-le-bol des agriculteurs marocains

Posted by Hassan Bentaleb Commentaires fermés
Accord Maroc-Union européenne : Le ras-le-bol des agriculteurs marocains
Les agriculteurs marocains, regroupés dans le Collectif des agriculteurs marocains, contre-attaquent. Il semble que la pression exercée par certains lobbies et parlementaires européens concernant la ratification de l'accord agricole avec l'Union européenne a fini par les exacerber. Pour eux, fini les beaux discours et le ton calme, il est temps de réagir et de défendre leur gagne-pain et leur avenir.  
En effet, les opérateurs agricoles marocains estiment que l'accord agricole entre le Maroc et l'UE fait objet d'une obstruction violente et systématique de la part de certains milieux politiques et de groupes de pression au sein même du Parlement européen.
«Lors de notre tournée à Strasbourg et Bruxelles, nous avons constaté que cet accord fait l'objet d'une véritable politique délibérée et organisée d'opposition de la part d'un lobby relayé par certains députés européens et certains groupes parlementaires, qui malgré le fait que cet accord a été négocié par la Commission européenne et ratifié par les Etats membres, ils continuent  à considérer qu'il doit passer par le Parlement européen alors que l'accord en question ne peut pas être modifié par ce dernier puisqu’il a été voté en bloc », a indiqué Zrikem Younès, membre du Collectif.
Alors, pour s'opposer à cet accord, ses adversaires ont développé, selon lui, un argumentaire mensonger contre l'agriculture marocaine, accusée de non-respect de la réglementation en vigueur et de la destabilisation des marchés européens.
Des affirmations que balaie du revers de la main Ahmed Darrab, membre du Collectif, qui estime que ces arguments sont infondés et qu'ils ne tiennent pas la route. « Il faut, d'abord, noter que nos produits agricoles ne pèsent pas beaucoup sur le plan quantitatif. Ils ne représentent qu'une part minime dans le marché de l'UE. A preuve, le volume total des exportations de fruits et légumes du Maroc vers l'UE représente moins de 0.05% de l'ensemble des volumes échangés en Europe. Il y a aussi le fait que les échanges avec le Maroc sont fortement encadrés  par un arsenal législatif et un cahier des charges très contraignant au terme duquel, le Maroc est obligé de tenir compte des quotas, de respecter un calendrier bien précis et de se soumettre à des clauses de sauvegarde qui peuvent être actionnées à n'importe quel moment», a-t-il précisé.
Mais comment peut-on expliquer cet acharnement ? Pour bien comprendre les dessous de cette affaire,  M. Zrikem avance quatre raisons. D'abord, le fait qu'aujourd'hui, les parlementaires européens n'ont pas encore les compétences techniques requises pour examiner ce genre d'accord de libre-échange.
Ces mêmes députés sont également, estime M. Zrikem, en train de régler leurs comptes avec la Commission européenne qui ne pas les a pas associés à la négociation de ces accords.
L'intervenant a expliqué que cette hostilité trouve aussi sa raison  dans le fait qu'il y a des opérateurs agricoles européens qui considèrent que le Maroc est leur concurrent et dans le fait qu'il y a des gens au sein du Parlement européen qui profitent de n'importe quelle occasion pour évoquer le dossier du Sahara.
Cependant, le Collectif des agriculteurs marocains ne compte pas lâcher prise facilement, même si ses membres restent  inquiets au moins sur le calendrier. « Les reports successifs nous rendent mal à l'aise. L'agenda de l'UE parle de la fin de janvier mais cette date reste provisoire », a indiqué M. Zrikem avant d'ajouter que le Collectif n'a pas encore épuisé toutes ses cartouches et que son combat vient à peine de commencer.
  

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