sept
21

Accord Maroc-Union européenne : Le ras-le-bol des agriculteurs marocains

Posted by Hassan Bentaleb Commentaires fermés
Accord Maroc-Union européenne : Le ras-le-bol des agriculteurs marocains
Les agriculteurs marocains, regroupés dans le Collectif des agriculteurs marocains, contre-attaquent. Il semble que la pression exercée par certains lobbies et parlementaires européens concernant la ratification de l'accord agricole avec l'Union européenne a fini par les exacerber. Pour eux, fini les beaux discours et le ton calme, il est temps de réagir et de défendre leur gagne-pain et leur avenir.  
En effet, les opérateurs agricoles marocains estiment que l'accord agricole entre le Maroc et l'UE fait objet d'une obstruction violente et systématique de la part de certains milieux politiques et de groupes de pression au sein même du Parlement européen.
«Lors de notre tournée à Strasbourg et Bruxelles, nous avons constaté que cet accord fait l'objet d'une véritable politique délibérée et organisée d'opposition de la part d'un lobby relayé par certains députés européens et certains groupes parlementaires, qui malgré le fait que cet accord a été négocié par la Commission européenne et ratifié par les Etats membres, ils continuent  à considérer qu'il doit passer par le Parlement européen alors que l'accord en question ne peut pas être modifié par ce dernier puisqu’il a été voté en bloc », a indiqué Zrikem Younès, membre du Collectif.
Alors, pour s'opposer à cet accord, ses adversaires ont développé, selon lui, un argumentaire mensonger contre l'agriculture marocaine, accusée de non-respect de la réglementation en vigueur et de la destabilisation des marchés européens.
Des affirmations que balaie du revers de la main Ahmed Darrab, membre du Collectif, qui estime que ces arguments sont infondés et qu'ils ne tiennent pas la route. « Il faut, d'abord, noter que nos produits agricoles ne pèsent pas beaucoup sur le plan quantitatif. Ils ne représentent qu'une part minime dans le marché de l'UE. A preuve, le volume total des exportations de fruits et légumes du Maroc vers l'UE représente moins de 0.05% de l'ensemble des volumes échangés en Europe. Il y a aussi le fait que les échanges avec le Maroc sont fortement encadrés  par un arsenal législatif et un cahier des charges très contraignant au terme duquel, le Maroc est obligé de tenir compte des quotas, de respecter un calendrier bien précis et de se soumettre à des clauses de sauvegarde qui peuvent être actionnées à n'importe quel moment», a-t-il précisé.
Mais comment peut-on expliquer cet acharnement ? Pour bien comprendre les dessous de cette affaire,  M. Zrikem avance quatre raisons. D'abord, le fait qu'aujourd'hui, les parlementaires européens n'ont pas encore les compétences techniques requises pour examiner ce genre d'accord de libre-échange.
Ces mêmes députés sont également, estime M. Zrikem, en train de régler leurs comptes avec la Commission européenne qui ne pas les a pas associés à la négociation de ces accords.
L'intervenant a expliqué que cette hostilité trouve aussi sa raison  dans le fait qu'il y a des opérateurs agricoles européens qui considèrent que le Maroc est leur concurrent et dans le fait qu'il y a des gens au sein du Parlement européen qui profitent de n'importe quelle occasion pour évoquer le dossier du Sahara.
Cependant, le Collectif des agriculteurs marocains ne compte pas lâcher prise facilement, même si ses membres restent  inquiets au moins sur le calendrier. « Les reports successifs nous rendent mal à l'aise. L'agenda de l'UE parle de la fin de janvier mais cette date reste provisoire », a indiqué M. Zrikem avant d'ajouter que le Collectif n'a pas encore épuisé toutes ses cartouches et que son combat vient à peine de commencer.
  

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sept
21

Farida Sou, dont le visa avait expiré, demeurait en Corse : Une Marocaine en voie d’expulsion après avoir porté plainte pour violences

Posted by C.M. Commentaires fermés
Farida Sou, dont le visa avait expiré, demeurait en Corse : Une Marocaine en voie d’expulsion après avoir porté plainte pour violences
Entourée des forces de l’ordre, Farida Sou, 43 ans, s’est présentée lundi matin, à l’audience du tribunal administratif de Bastia. La ressortissante marocaine en situation irrégulière avait introduit un recours en référé pour tenter de récuser les arrêtés préfectoraux du 15 septembre, l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, assorti d’une interdiction de retour d’une durée d’un an.
La requérante a également demandé l’annulation de la rétention administrative dont elle fait l’objet depuis jeudi.
A l’issue de deux heures de délibération et autant de requêtes déboutées, elle a regagné l’hôtel de police de Bastia pour y poursuivre sa rétention. Elle a finalement été libérée en milieu d’après-midi mais doit quitter le territoire, comme l’avait initialement réclamé le préfet de Haute-Corse. Une «décision difficile», «un demi-échec» pour la défense qui estime que «la loi est faite en sorte pour que l’efficacité administrative soit parfaite».
Une affaire somme toute banale dans la forme à l’exception toutefois de l’épisode juridique qui l’a conduite sur les bancs de la justice. C’est en effet après avoir déposé plainte pour violences conjugales au commissariat central de Bastia que la plaignante, arrivée en Corse en octobre 2010, s’est vue menacée d’expulsion.
Les faits se seraient produits lundi au retour des vacances du compagnon, un Français d’origine marocaine. Un homme de 54 ans avec lequel elle projetait de se marier. Or, la demande avait été refusée par la mairie de Biguglia en mars 2010, date qui correspond à l’expiration du visa délivré par les autorités italiennes. Puis nouveau rebondissement : le compagnon «dont elle était follement amoureuse» selon les dires de Dounia Sou, sa belle-sœur, revient des vacances au bras d’une nouvelle fiancée qu’il souhaite prendre pour épouse. Une confusion sentimentale qui semble tourner au vinaigre. Puisque Farida Sou se présente avec des blessures au visage et au ventre qui nécessitent une hospitalisation.
Pour autant, lundi, il semblait difficile pour Me Grégoire Donati de défendre cette affaire devant le tribunal administratif de Bastia, car au moment de l’audience les éléments de l’enquête lui faisaient toujours défaut.
«Il y a un refus de communiquer. Nous constatons une panoplie de manquements au droit de la défense». Ce qui l’a incité à demander le renvoi de l’affaire. Autre argument majeur : la rétention illégale. «Après la garde à vue de Farida Sou, le juge des libertés et de la détention l’a remise en liberté alors que la préfecture l’a replacée en rétention administrative. C’est contraire à la loi».
Autant d’éléments qui n’ont pas été retenus par le tribunal administratif qui a rejeté en bloc les demandes d’annulation. Un jugement amer de l’avis des associations venues en nombre soutenir Farida Sou.
 «Une injustice. Une indignation» qui les a aussitôt motivés à solliciter le préfet de Haute-Corse pour demander «un entretien urgent».   «En tant que citoyenne je trouve lamentable qu’une femme qui porte plainte pour violences n’ait pas droit au statut de victime. Elle faisait confiance à la justice française et se retrouve expulsée», a confié une représentante de RESF (Réseau Education sans frontières).
Lundi, Farida Sou a donc retrouvé la liberté. Une victoire en demi-teinte pour la ressortissante marocaine qui doit quitter sans délai le territoire national par ses propres moyens.
Comble de l’imbroglio juridique, elle devra néanmoins se présenter le 9 novembre au tribunal correctionnel de Bastia pour avoir refusé d’être transférée à Marseille. Quant à l’affaire initiale de violences conjugales, celle-ci a été classée sans suite.

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